![]() Message des ConservateursThe Art of the Book '98 est la troisième exposition, avec jury, pour laquelle nous avons le plaisir et le privilège d'assumer la co-responsabilité. Dans les dix dernières années nous avons accompli cette tâche pour un grand nombre d'expositions, quelles soient itinérantes ou fixes avec invitation, par exemple: Meister der Einbandkunst, Contemporary Canadian Bookworks, Boxed-In, Bookworks '90 et '93 et plusieurs performances didactiques et historiques.Cependant, les expositions de l'Art du livre nous offrent une chance unique de voir réunis dans une même exposition, les travaux de nombreux artistes oeuvrant dans différents domaines et provenant de régions différentes. Ceci nous a permis de percevoir les changements qui s'opéraient dans ce domaine et aussi nous avons pu connaître les travaux d'un grand nombre d'artistes. The Art of the Book '98 a reçu 323 soumissions de 144 artistes du Canada (Nouvelle Écosse, Nouveau Brunswick, Québec, Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Alberta, Colombie britannique), des États-Unis, de la France, de l'Espagne, de l'Angleterre et de la Finlande. Nous croyons que le nombre aurait été encore plus élevé si nous avions jugé les oeuvres elles-mêmes plutôt qu'à partir de diapositives. Car, plusieurs artistes ne se sentent pas à l'aise avec la photographie et ont du mal à bien y mettre en évidence leurs travaux. Cette manière de juger à partir de diapositives est, sans aucun doute, la moins souhaitable. En effet, il est souvent difficile de juger de la qualité du travail d'un point de vue esthétique ou technique, les raffinements n'apparaissant pas toujours. Certaines pièces se prêtent à la photographie mieux que d'autres, ce qui peut souvent occasionner une deuxième évaluation de la part des juges. Mais, les diapositives sont nécessaires lorsque l'on a un très grand nombre de soumissions et surtout pour celles qui proviennent de l'extérieur du pays. Cette exposition en a reçu 126. Pour l'exposition de 1993, nous avions dû réclamer 100 paquets des douanes et nous nous sommes promis de ne plus recommencer ce processus. Les accords de l'ALENA et la TPS ont rendu ces exercices encore plus difficiles. C'est donc pour toutes ces raisons que nous avons été forcés de juger les travaux à partir de diapositives. Par contre, la partie agréable de la tâche nous a permis de voir à plusieurs reprises, plus de 600 diapositives réparties comme suit: les artistes du livre (176 - 54,5%), la reliure artistique (61 - 19%), la calligraphie (30 - 9,2%), l'imprimerie artistique (29 - 8,75%), la fabrication du papier (16 - 5%), la fabrication de boîtes (6 - 2%), la décoration du papier (5 - 1,5%). Nous avons donc vu des oeuvres très variées, intéressantes et d'une grande beauté. Dans tous ces arts du livre, la calligraphie a fait d'énormes progrès. Il existe un réseau d'associations de calligraphie à travers le Canada et les États-Unis permettant ainsi à un nombre toujours grandissant de calligraphes de s'exprimer et d'exposer leurs travaux. Mais le nombre le plus important de soumissions, à notre grande surprise, nous est provenu de la catégorie des livres artistiques. De 1989 à 1993 et de 1993 à 1998, les progrès en ce domaine ont été fulgurants. De plus en plus, les travaux sont ambitieux, nouveaux, défiants. L'esprit de risque démontré par les artistes a été couronné de succès. Nous sommes convaincus qu'il existe un grand nombre de fabricants de boîtes et de décorateurs de papier qui ne se sont pas manifestés. Nous les invitons à le faire en 2003. La reliure et l'imprimerie artistiques sont les domaines les plus difficiles à réaliser au Canada. Il y eut d'excellents travaux, mais peu de nouveaux artistes, sans doute dû à la pénurie d'enseignement dans ces domaines. Nous voudrions remercier tous ceux et celles qui ont soumis des travaux à L'Art du livre 1998. Il fut très difficile de juger les oeuvres présentées et le souhait des membres du jury serait que plus d'oeuvres puissent être exposées dans les galeries et ainsi être soumises. Les membres du jury et les curateurs ont apprécié le courage et la générosité des artistes. C'est en s'assurant que vos travaux soient manipulés avec soin, vus par le plus grand nombre possible de personnes et exposés à leur meilleur avantage que nous manifestons notre gratitude envers les artistes. Sous l'effet de l'énorme travail que requiert une exposition de cette envergure, on se demande souvent si nous le referions, mais finalement, la réponse est toujours oui, car pour nous aussi, la qualité de vos travaux est un enrichissement.
Shelagh Smith
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